"Les Politiques Publiques Doivent Inclure les Pollinisateurs Comme Bioindicateurs" - Interview

Updated: Apr 2, 2019



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La Bee Week vient de se terminer, quelles sont vos premières impressions ?

Il est toujours positif d’avoir un moment d’attention sur l’apiculture et l’état des pollinisateurs dans une telle instance de décisions publiques. Et de plus c’est toujours utile d’essayer de s’entendre entre différents acteurs qui ont des intérêts divers. Particulièrement dans ce cas, d’essayer de construire un dialogue entre deux types d’agriculteurs : les cultivateurs et les apiculteurs.

PAN Europe a commenté : "Malheureusement, la Bee Week perd sa crédibilité. Très peu d'espace a été laissé aux discussions sur de vrais problèmes. Nous ne comprenons pas pourquoi les eurodéputés acceptent de participer à un tel événement co-organisée même par ceux qui sont responsables du déclin des abeilles, des bourdons ou des papillons ! “.

Vous avez aussi vous-même affirmé que la discussion a évité les vraies questions, c’est-à-dire ?

Malheureusement cette édition a été organisée avec très peu de temps, mais surtout on a eu l’évidence que la majorité des organisations et des chercheurs co-organisateurs de la semaine ont une grande volonté d’empêcher un débat qui vise les questions clefs sur la santé des pollinisateurs.

Quelles sont les questions clefs ?

Il suffit de mentionner l’exemple des néonicotinoïdes. On a, heureusement et finalement, obtenu l’interdiction de l’UE de la quasi-totalité de l’usage des trois néonicotinoïdes, les insecticides les plus utilisés dans le monde ! La motivation ? Éviter les effets nocifs, non seulement sur la santé de l’homme, mais surtout pour celle de l’environnement. C’est la première fois dans l’histoire qu’on a une décision de telle importance. Il s’agit d’une victoire écrasante grâce aux arguments et aux dénonciations des apiculteurs. Mais c’est aussi une importante occasion de réflexion et d’autocritique pour les organisations agricoles, qui sont complètement subalternes au lobby agrochimique à ce propos. Cependant cette autocritique, tant attendue, n’a pas eu lieu. A la Bee Week, l’unique représentant des organisations agricoles qui a abordé ce sujet, l’a fait pour proposer de nouveau la priorité de la protection de la betterave avec des pesticides comme s’il n'y avait pas d'alternatives disponibles. Or on sait, justement qu’en ce qui concerne l’agronomie et les pesticides, on trouve des solutions seulement si on les cherche, et surtout si on a la volonté et l’intérêt de les trouver.

Mais on a eu des exemples positifs dans les relations cultures / pollinisateurs ?

Tout indique que le paradigme actuel de la production agricole implique de plus en plus le désert vert et le biocide des invertébrés et des pollinisateurs. Nous avons exprimé la nécessité d’obtenir une floraison plutôt qu’un verdissement de la PAC. Mais le débat a été strictement limité à des exemples privés à petites échelles, voir même individuels. La vraie question à se poser est « comment organiser différemment l’investissements des ressources publiques pour que ces exemples privés deviennent la généralité de l’agriculture en Europe. Seulement en faisant ça on pourra inverser les résultats de contamination environnementale et les tendances négatifs des pollinisateurs qu’on expérimente aujourd’hui ».

Quelles sont vos propositions par rapport aux priorités à avoir pour obtenir une agriculture durable ?

J’espère que les organisations agricoles soient finalement disponibles et capables d’agir sur les effets des méthodologies actuelles de production. Aussi, qu’elles soient capables d’ouvrir une réflexion avant qu’il ne soit trop tard. L’état de lieu des pollinisateurs le demande déjà.

Les critères des sélections variétales devraient aussi inclure la production du pollen et nectar des plantes historiquement mellifères comme le tournesol ou le colza. On espère que les sélections introduisent comme caractère obligatoire la productivité mellifère et pollinifère. Aussi, qu’on puisse promouvoir l’utilisation de ces semences dans la PAC.

En outre, les politiques publiques doivent inclure les pollinisateurs comme bioindicateurs, renforçant une approche pluridisciplinaire et améliorant les relations entre agriculteurs et apiculteurs. Ainsi, sans doute, la PAC favorisera les cultures qui bénéficient de la pollinisation. C’est le moment de remettre les abeilles au centre des politiques publiques, comme indicateur de leur qualité. Donc, on va décider d’utiliser les abeilles dans la PAC pour vérifier la durabilité de l’agriculture. On observera, grâce aux abeilles, quels contaminants sont présents dans les ruches et quelles variétés polliniques sont à disposition au long de l’année.

Assurer la survie des pollinisateurs et veiller sur sa santé ne sont pas des obstacles pour l’agriculture, mais peut être une importante opportunité pour améliorer notre modèle agricole !


#BeeWeek #Neonicotinoids #CAP #Français

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